 | La Noyade du marchand de parapluiesFrancis Malka
Hurtubise, 2010
Détrompez-vous, dans ce roman rocambolesque et débordant d’imagination il n'est pas question de noyade ni de marchand de parapluies. Enfin, si, mais si peu. Il est plutôt question d'un livre. Un livre très spécial qui change totalement la vie de celui qui l'a en sa possession car il permet d'obtenir un nombre incroyable de choses et donne l'impression d'avoir sa destinée entre les mains. Si le livre est un objet de convoitise qui attire les brigands et les hommes avides de pouvoir, il s'avère souvent une vraie plaie pour celui qui le détient.
Sans trop se prendre au sérieux, Francis Malka s'amuse à construire avec talent une histoire fantastique qui, sans complétement réécrire l’Histoire, explique certains événements plus ou moins dramatiques du passé, tels que la découverte de l’Amérique, la construction de la tour de Pise et l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand d'Autriche et de son épouse Sophie.
Écrit comme un roman d’aventures, l’auteur nous livre un récit totalement envoûtant et distrayant. Ce mélange de faits véridiques et de fiction est un véritable délice !
Si vous recherchez une lecture divertissante et remplie d’action, je vous conseille donc ce roman très frais et tout à fait délassant. Laissez-vous embarquer pour une étrange virée à travers les pays et les siècles et Bon voyage !
Anabelle, Parthenay | | |
 | Les derniers jours de Stefan ZweigSeksik et Sorel
Casterman, 2012
Stefan Zweig quitte l’Autriche en 1934 fuyant le nazisme. Il laisse derrière lui son pays et ses amis, persuadé qu’il ne remettra jamais les pieds sur sa terre natale. Il se réfugie à Londres, où il rencontre Lotte, puis rejoins le Brésil en 1941 après avoir fait un court séjour à New York. Il croit pouvoir y commencer une nouvelle vie dans ce nouveau monde.
Tirée du roman de Laurent Seksik, cette bande dessinée, dont il fait l’adaptation, raconte les derniers jours de Stefan Zweig au Brésil en compagnie de sa femme, décrivant son désespoir d’avoir fui son pays, d’être loin des siens qui vivent l’enfer du nazisme. Incapable de surmonter sa culpabilité, il entraînera sa jeune épouse dans sa chute.
L’histoire est bouleversante et à l’image de l’époque, très romantique. C’est une grande histoire d’amour qui inexorablement se dirige vers une fin tragique. Le dessin de Sorel est d’une grande délicatesse, il traduit avec justesse les sentiments des personnages grâce à une mise en couleur à l’aquarelle.
À découvrir sans hésitation !
Françoise Cl, BDDS | | |
 | Une métamorphose iranienneMana Neyestani
Ed çà et là, 2012
Une métamorphose iranienne est le récit du cauchemar vécu par l’auteur. Ce dessinateur iranien publiait des histoires pour enfants, un de ses dessins à priori anodin, va déclencher la colère des azéris, un peuple d'origine turque, et provoquer des manifestations violentes. Les autorités vont le tenir pour responsable et peu à peu le piège, kafkaïen, va se refermer sur lui.
L’histoire aurait pu être lourde et difficile, mais elle est traitée sans pathos et très bien menée. L'auteur maintient l’attention du lecteur en intégrant des personnages secondaires comme des prisonniers, des exilés ou un douanier chinois. Si le ton est grave, l’humour y est souvent présent comme avec ce cafard, sorte de double inversé de la coccinelle de Gotlib.
Le dessin en noir et blanc est d’une grande qualité avec des trouvailles graphiques.
Sylvie, BDDS | | |
 | Le journal des cinq saisonsRick BASS
Christian Bourgois, 2011
Journal de la vie d'un homme et de sa famille dans le Montana, ce récit est avant tout un hymne à la nature de la part d'un écologiste anxieux de l'évolution de son écosystème proche.
Rick Bass vit en totale symbiose avec son environnement. Il est un observateur doué de cinq sens exacerbés, mais surtout un admirateur sensuel de ce qui semble faire partie de lui-même et le combler, malgré la rudesse du climat , les difficultés de la vie quotidienne et le constat d'une dégradation inéluctable de ce paysage.
Plus un long poème qu'un journal, cet ouvrage mérite d'être gardé à portée de mains pour pouvoir se ressourcer à tout moment ; on aurait plaisir à l'entendre lire à voix haute. Il laisse une impression d'aboutissement, mais sans béatitude.
Françoise Co, BDDS | | |
 | Little big bangBenny BARBASH
Zulma, 2011
Un jeune garçon israélien nous raconte les mésaventures de son père qui, après avoir essayé plusieurs régimes amaigrissants, opte pour le « tout olive ». Un noyau reste coincé dans son œsophage et donne un olivier qui sort de l'oreille du malheureux et en croissant, devient, on s'en doute, de plus en plus encombrant. Comment va-t-il pouvoir s'en débarrasser ou, en désespoir de cause, vivre avec, sur les conseils d'un cultivateur palestinien ?
Véritable fable sur l'attachement à la terre, la tolérance, les préjugés envers les arabes, ce court roman nous fait découvrir une famille très pittoresque et surtout nous fait rire du début à la fin, même si ce récit n'a justement pas de fin et que, toujours en parallèle avec l'Histoire, la solution pour trouver la paix semble impossible.
Françoise Co, BDDS | | |
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