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seul le grenadier

La mort est sont métier.

A Bagdad, un jeune homme rêve d’échapper à son destin de laveur de cadavres.

À la fois roman initiatique et chronique d'une guerre d'Irak vécue de l'intérieur, Seul le grenadier de Sinan Antoon prend à la fois aux tripes et au cœur.

Ce grenadier là pousse dans une courette de Bagdad où depuis des générations les hommes de la famille de Jawad lavent les cadavres selon les rites chiites. Jawad lui ne rêve que de dessiner et il a un peu honte de ce rôle dont la grandeur ne lui sera que progressivement révélée. Il voudrait échapper à ce destin tout tracé mais les conflits qui secouent son pays vont entraver son chemin.

Dans une langue sensuelle et aérienne Sinan Antoon rend grâce à son pays et à son peuple martyrisé avec la même douceur et le même respect que le père de Jawad purifiant ses cadavres.

Ce titre énigmatique aux accents d'haiku rend compte de la poésie du livre où alternent les rêves de Jawad et son quotidien répétitif.
On sort chaviré de cette belle lecture.

Patricia Horion