profession du pere
Mon père, ce tyran mythomane paranoïaque.


Comment résister à un père violent et affabulateur qui dit avoir été espion, footballeur, chanteur et même agent secret ayant pour mission de tuer le général De Gaulle ?
Sébastien Gnaedig adapte habilement et fidèlement le roman éponyme de Sorj Chalandon, Profession du père, un récit bouleversant, perturbant, qui en dit long sur le déni et la violence d’un huis-clos familial.

Alors que la guerre d’Algérie fait rage, le narrateur, Émile Choulans, vit sous le joug d’un père violent, mythomane, manipulateur, qui s’invente une vie d’aventure et une multitude de professions. Il le frappe, lui impose une discipline militaire en le réveillant à 4 heures du matin pour l’endurcir et l’entraîne dans ses délires et ses mensonges. Il l’enrôle dans une organisation secrète, l’OAS, en vue d’assassiner De Gaulle qui a lâché l’Algérie française. Émile et sa mère soumis, impuissants, quotidiennement dans la crainte des coups et des vexations, acceptent d’entrer dans son jeu. 

Cet enfer au quotidien de non-dits, de mensonges, perdura pendant des années. Il faudra des années à cette famille pour crever l’abcès. La complexité de la relation du père et du fils est adroitement décortiquée. Tout est évoqué avec justesse et subtilité.

Ce récit sombre est porté par un dessin en noir et blanc rehaussé de gris, au trait simple et sans fioriture, qui laisse toute la place au scénario et restitue bien l’ambiance de l’époque.

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